Projet d’assistance rapide pour le renforcement de la résilience économique et employabilité des femmes déplacées affectées par la crise humanitaire à Uvira, au Sud - Kivu
1. Résumer du projet
Le projet vise le renforcement de la résilience, l’autonomisation économique de 400 femmes déplacées des guerres de Bukavu, Goma et des hauts/moyens plateaux installées à Uvira. En trois mois, il propose des formations professionnelles en agriculture régénérative durable et permaculture, en élevage de poules, de cochon d’inde et de lapins, et en petit commerce dans les quartiers de Kavimvira, Rugenge, Kala et Kagando. L’intégration des acquis des anciens Groupes d’Intérêt économique (GIE) soutenus par la GIZ en 2023 renforcera les capacités locales et assurera une mise en œuvre structurée. Dotées de compétences pratiques et de moyens de production, ces femmes seront capables de générer des revenus stables, d’assurer la sécurité alimentaire de leurs familles et de contribuer au développement local. Le projet permettra également de promouvoir la cohésion sociale entre les familles ou ménages d’accueil et les déplacées, l’égalité de genre et la durabilité environnementale grâce à l’application des pratiques agroécologiques et des modèles économiques inclusifs.
2. Contexte et justification du projet
La ville d’Uvira, située dans la province du Sud-Kivu, connaît depuis plusieurs années un afflux massif de personnes déplacées internes en raison des conflits armés récurrents dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Les attaques perpétrées par le groupe armé M23 au Nord-Kivu (Bukavu, plaine de Ruzizi, Kamanyola, Goma, Haut et Moyen Plateau) ont provoqué des vagues de déplacements forcés, touchant particulièrement les femmes et les enfants. Selon le HCR et l’OCHA (2024 et 2025), des milliers de familles déplacées se retrouvent sans ressources suffisantes, exposées à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire et à une vulnérabilité accrue.
Les femmes déplacées, souvent cheffes de ménage, font face à des conditions socio-économiques précaires : manque d’accès à des moyens de subsistance, chômage élevé, dépendance à l’aide humanitaire et exposition aux violences basées sur le genre. Or, leur autonomisation économique constitue une réponse durable à leur marginalisation, en leur permettant de subvenir à leurs besoins et de reconstruire leur dignité.
Ce projet s’inscrit dans cette dynamique en proposant la formation professionnelle en agriculture durable et permaculture, l’élevage de poules et lapins, et le petit commerce, comme moyens de renforcer la résilience économique des femmes déplacées dans les quartiers de Kavimvira, Rugenge, Kala et Kagando à Uvira. L’intégration technique des expériences des Groupements d’Intéret Économique (GIE) mis en place par la GIZ en 2023 servira d’appui méthodologique et de levier pour une mise en œuvre efficace et innovante.
Ainsi, ce projet vise à offrir aux femmes déplacées des compétences pratiques, des moyens de production et des opportunités d’emploi génératrices de revenus. Il répond à la nécessité urgente de combler le déficit économique et social provoqué par les guerres, tout en favorisant la cohésion sociale et la paix locale à travers le renforcement du rôle socio-économique des femmes.
2. Objectifs du projet
2.1. Objectif global
Renforcer la résilience économique et l’employabilité de 400 femmes déplacées à Uvira à travers la formation professionnelle en agriculture durable, permaculture, élevage et petit commerce.
2.2. Objectifs spécifiques
Le projet couvre deux volets spécifiques :
1) Assurer un appui à la résilience économique et à l’employabilité de 400 femmes déplacées dans la ville d’Uvira et sa périphérie
2) Assurer un accompagnement technique de qualité aux 14 groupements d’intérêt économique installés par le projet QualiPro et opérationnels dans la ville d’Uvira
3. Résultats attendus
Résultat 1: 400 femmes déplacées identifiées et sélectionnées dans la ville d’Uvira et sa périphérie bénéficient d’un accompagnement technique pour renforcer leur résilience économique et leur permettre l’accès à un emploi rapide pour la survie de leurs ménages
Résultat 2: Un accompagnement technique de qualité est assuré aux 14 groupements d’intérêt économique installés par le projet QualiPro afin de les rendre stables, efficaces et durablement autonomes dans la ville d’Uvira
3.2. Activités par résultat
1. Activités du résultat 1 :
Rappel du résultat: 400 femmes déplacées identifiées et sélectionnées dans la ville d’Uvira et sa périphérie bénéficient d’un accompagnement technique pour renforcer leur résilience économique et leur permettre l’accès à un emploi rapide pour la survie de leurs ménages
Pour atteindre ces résultats, les résultats ci-après sont prévus:
1. Identification, sélection et analyse des besoins économiques de production de 400 femmes nouvelles déplacées dans la ville d’Uvira, en particulier à Kavimvira et Kagando
Cette activité sera menée dans la commune de Kavimvira et à Kagando par les animateurs de l’AEJT, en collaboration avec les animateurs d’ASOBIC, les chefs des quartiers et le service en charge de l’action humanitaire au niveau de la mairie. Elle couvrira au maximum deux semaines
2. Formation rapide de 400 femmes déplacées en techniques de production maraîchère, en petit élevage et en micro commerce pour le développement des emplois formels/informels durables
Pour le secteur de l’agriculture et de petit élevage, on procédera par l’:
• Organisation d’ateliers de formation théorique et pratique de courte durée (maximum 3 semaines. Des séances de démonstration sur la permaculture et l’agroécologie, avec des techniciens suffisamment rodés et appliqués de l’AEJT. Elle bénéficiera a 100 femmes et se fera en séquence.
• Formation pratique en élevage (poules, cochon d’indes, lapins. Les techniques rapides sur l’aviculture et la cuniculture seront assurées afin de permettre aux apprenantes un apprentissage rapide et pratique. Des séances de démonstration y seront associées. Elle bénéficiera à 100 femmes et se fera par séquence.
Pour la formation en gestion de petits commerces et éducation financière simplifiée, l’accent sera mis sur:
• L’encadrement continu en entrepreneuriat et gestion financière.
• L’appui à l’accès aux marchés locaux et réseaux commerciaux.
• Création de petits groupes d’épargne et de solidarité de type informel, communément appelé AVEC (association villageoise d’épargne et de crédit).
Comme les deux précédentes formations, elle se fera aussi par séquence et bénéficiera à 200 femmes.
3. Accompagnement de 400 femmes déplacées dans la création de leurs activités économiques rentables
- Mise en place d’unités pilotes agricoles et d’élevage.
- Distribution de kits de démarrage (semences, outils, poules, lapins, matériels de commerce).
- Accompagnement technique pour le lancement des activités de production (par un agro-vétérinaire et des experts dans la conduite des AVEC).
- Suivi de proximité des bénéficiaires tout au long de la mise en œuvre de leurs activités
Ainsi donc, à l’issue de cette série d’activités (du résultat 1) d’appui et d’accompagnement prévues en faveur de ces femmes nouvellement déplacées dans la ville d’Uvira et sa périphérie, il est fort probable que:
- 400 femmes (100%) formées en agriculture durable, permaculture, élevage et petit commerce ;
- 400 femmes (100%) appliquent effectivement les compétences acquises dans leurs ménages et micro-entreprises.
- 400 kits de démarrage (100%) distribués (semences, volailles, cuniculture « lapins » outils, matériel de commerce).
- 400 micro-activités génératrices de revenus seront créées (100% des bénéficiaires).
- 100 ménages (25%) des femmes bénéficiaires améliorent directement leur sécurité alimentaire grâce à l’agro-pastorale.
- 150 ménages 37,5%) des femmes bénéficiaires relancent l’élevage de volailles (poules) et cuniculture (lapins) ;
- 100 femmes (25%) des femmes bénéficiaires développent des petits commerces viables dans les marchés locaux.
- 100% des femmes organisées en groupes d’entraide/coopératives locales (les AVEC: associations villageoises d’épargne et de crédit) pour la durabilité et la stabilité des ménages.
Nous espérons par ailleurs que 2 400 personnes (bénéficiaires indirects : familles et enfants) verront leurs conditions de vie améliorées.
2. Activités du résultat 2:
Rappel du résultat 2: Un accompagnement technique de qualité est assuré aux 14 groupements d’intérêt économique installés par le projet QualiPro afin de les rendre stables, efficaces et durablement autonomes dans la ville d’Uvira
L’atteinte de ce résultat passera par la mise en œuvre des activités que voici:
- Analyse des problèmes et des nouveaux besoins de 14 groupements d’intérêt économique à Uvira
Il s’agira ici d’organiser des rencontres individualisés avec chaque groupement d’intéret économique afin de saisir leurs problèmes clés et de ressortir leurs besoins d’ensemble. Cette activité sera conclue par un atelier de deux au cours duquel les différents problèmes et besoins seront analysés et un plan d’action défini.
Ce plan d’action constituera un outil de travail qui servira à la fois les GIE et les coachs qui seront appelés à les accompagner au quotidien.
2. Appui à la formation en gestion et marketing et à la conquête du marché pour un maintien durable dans un environnement instable
Afin de permettre aux GIE de pouvoir établir des relations avec les fournisseurs et les consommateurs de leurs produits, de percer le marché local et de s’y maintenir le plus longtemps possible, un atelier de 3 jours sur les techniques de marketing et de gestion efficace des relations commerciales sera organisé en faveur des dirigeants de ces GIE. Un consultant sera utilisé pour cette fin afin de permettre aux GIE de saisir la portée réelle du marché et comment le maîtriser durablement.
A l’issue de cet atelier, chaque groupement d’intérêt économique développera un plan d’action marketing qui lui permettra de bien assurer ses approvisionnements en intrant, la production sur mesure et l’écoulement de cette production sur le marché local. Ce plan constituera pour lui (GIE) un outil de contrôle du système de production et du marché de consommation. Il fera l’objet d’une analyse séquentielle du groupement, en collaboration avec le coach.
3. Accompagnement de proximité des activités productives de 14 groupements d’intérêt économique pour leur maintien à l’échelle
Une équipe de 3 coachs sera mis à la disposition des GIE par l’AEJT pour le suivre au quotidien, et cela par commune. Ces coachs seront préalablement formés sur le système de suivi et sur comment assurer un accompagnement adapté aux besoins de chaque groupement et à son environnement. Un rapport hebdomadaire sera attendu de chacun à la fin de chaque semaine.
4. Mise en liaison de 14 groupements d’intérêt économique avec les services de l’assiette fiscale urbaine et l’ANADEC
Dans le souci de réduire les tracasseries administratives et des services de taxation de la mairie et des entités locales, au moins deux rencontres seront organisées pour mettre en liaison les responsables des GIE et les responsables des services de taxation (DGI, DIVAS, IPMEA, Culture et art, DPMER, ...), en collaboration avec l’ANADEC. Le souci ici est de solliciter l’accompagnement de ces GIE par ses services et allègement des taxes, vu qu’ils sont encore au début de leurs activités de production.
A l’issue de toutes ces activités ci-haut décrites pour le résultat 2, nous avons l’espoir que 14 GIE sont redynamisés, leurs comités sont renforcés en capacité sur le marketing, l’étude de marché et la pérennisation des activités et un système de suivi de proximité est mis en place. Ce qui les rendrait de plus en plus performants.
4. Stratégies d’intervention
Le projet adopte une approche participative, inclusive et durable afin de garantir son efficacité.
D’abord, l’identification et la mobilisation des 400 bénéficiaires se feront en collaboration avec les autorités locales, les leaders communautaires et les associations de déplacés, assurant une sélection transparente et équitable.
Ensuite, la mise en œuvre privilégiera la formation pratique à travers des ateliers et démonstrations sur l’agriculture durable, la permaculture, l’élevage et le petit commerce. Les bénéficiaires recevront des kits de démarrage et un suivi technique rapproché, assuré par des experts locaux et les anciens 14 Groupes d’Intérêt Economique (GIE) du projet QualiPro appuyés par la GIZ. Une approche de mentorat et de mise en réseau favorisera l’échange de compétences et le soutien mutuel.
Enfin, les femmes seront organisées en groupes d’entraide et coopératives pour renforcer la solidarité, faciliter l’accès aux marchés et assurer la pérennité économique et sociale des acquis du projet.
5. Mécanismes de gestion du projet
La gestion du projet reposera sur une équipe de coordination locale basée à Uvira, composée d’un coordinateur de projet, d’un responsable technique (agriculture et élevage), d’un chargé de suivi-évaluation et d’un assistant administratif et financier. Cette équipe travaillera en synergie avec les autorités locales et les leaders communautaires pour assurer la mobilisation et l’adhésion des bénéficiaires. Un comité de pilotage sera mis en place, incluant des représentants des femmes bénéficiaires, des autorités locales et des anciens 14 GIE soutenus par la GIZ, afin de garantir la transparence et l’inclusivité dans la prise de décision. La gestion financière suivra des procédures claires et un rapportage mensuel sera produit pour assurer la bonne utilisation des ressources. Enfin, des réunions de suivi périodiques permettront d’analyser l’évolution des activités, de résoudre les difficultés rencontrées et d’orienter les bénéficiaires vers une mise en œuvre réussie et durable du projet.
Le projet aura un impact direct sur les conquêtes des marchés locaux de 14 anciens GIE et sur l’amélioration des conditions de vie de 400 femmes déplacées et de leurs familles (environ 2 400 personnes bénéficiaires indirectes). Il réduira la pauvreté et la dépendance à l’aide humanitaire, tout en renforçant la sécurité alimentaire et la résilience économique des ménages. Les femmes deviendront des actrices de changement, contribuant à la stabilité sociale et économique locale. À long terme, ce projet favorisera l’inclusion socio-économique des femmes déplacées et 14 anciens GIE, leur permettra d’accéder à des opportunités de revenus durables, et stimulera la reconstruction économique des zones affectées par la guerre dans la région d’Uvira.
Impact of this project

